Caillou – La petite soeur

À l'arrivée de sa soeur Mousseline, Caillou est d'abord content. Puis, devant toute l'attention portée au bébé, il se sent abandonné. Après une période de colère et de régression, Caillou comprend qu'il y a plus d'avantages à être grand.

Pourquoi ?
La venue d’un nouveau-né dans la famille est un choc pour l’aîné, jusque-là sans rival. L’aîné souffre véritablement de perdre sa place. Il est important de le laisser traduire sa souffrance, sa jalousie. Le blâme lui ferait perdre l’estime de lui-même.

La petite soeur reflète les émotions ambivalentes de l'aîné devant l'arrivée d'un bébé. Caillou observe les adultes qui sont en admiration devant cette chose informe qu'est sa soeur. Mousseline, en effet, ne sait rien faire : ni parler, ni marcher, ni jouer. Puisque le bébé passionne tant les adultes, l'aîné ne voit plus l'intérêt d'être grand. Être petit, après tout, c'est moins difficile. L'aîné régresse : " Caillou fait pipi dans son lit. Caillou demande à sa maman de le bercer. Caillou veut boire au biberon. "

La scène dans laquelle Caillou mord sa soeur exprime le grand bonheur de Caillou à l’apparition de cette nouvelle vie. C’est en effet par la bouche que l’enfant prend d’abord la vie : le sein de sa mère, son lait? Pour un jeune enfant, mordre est une façon de prendre possession.

Il n'est pas question ici de laisser les enfants mordre les gens. Il s'agit plutôt d'expliquer la soi-disant méchanceté de l'aîné. Papa ne punit pas Caillou pour avoir mordu. Il lui fait plutôt comprendre que, dans ce cas, mordre n'est pas utile : " Tu trouves ta soeur tellement douce que tu as envie de la manger. Mais si tu la mangeais, tu ne l'aurais plus pour l'aimer. On croque dans les pommes, pas dans les bébés. "

Texte: 
Joceline Sanschagrin
Illustrations: 
Pierre Brignaud
Coloration: 
Marcel Depratto