Caillou – Je t'aime, je t'aime
Caillou, comme tous les enfants, a besoin de se sentir aimé de sa maman. Mais, à quatre ans, Caillou a aussi besoin de partir à la découverte du monde. C'est ainsi qu'il fait l'apprentissage de l'amour.
Pendant que sa maman lit le journal, Caillou joue tranquillement avec Octave, son ours en peluche. Mais, au bout d'un moment, Caillou ressent le désir de se rapprocher de sa maman. Il vient donc s'asseoir sur ses genoux et lui raconte une histoire... Après cet instant d'intimité, Caillou sent à nouveau le besoin de s'éloigner de sa maman : il descend de ses genoux et joue à cache-cache avec elle. Caillou cherche une distance qui lui permette à la fois de faire partie de l'espace de sa mère tout en gardant son propre espace. Il fait ainsi ses premiers pas dans la découverte de l'amour véritable.
En effet, dès sa naissance, Caillou a été comblé par l'amour inconditionnel de sa maman mais, en grandissant, il abandonne peu à peu le stade fusionnel et se détache de la symbiose qu'il y a avec sa mère. En se séparant d'elle, il apprend ce qu'est le véritable amour et acquiert ainsi le sentiment qu'il est lui-même une personne à part entière. Caillou se trouve ici partagé entre le désir de ne faire qu'un avec sa mère et le besoin impératif de s'éloigner, de prendre de la distance, d'explorer le monde.
Lorsque Caillou raconte une histoire à sa maman et nomme chacun des objets dessinés dans son livre, il est content. Sa maman s'occupe de lui et il se sent aimé. Pour grandir, un enfant a besoin de sentir la présence de sa mère. Puis, Caillou se sauve en riant et court se cacher. En jouant à cache-cache, Caillou reprend, à travers le jeu, le mouvement de séparation d'avec la mère, et cette séparation va lui permettre d'exister par lui-même.
Tout au long de notre vie, l'amour nous fait revivre cette tentative de réconcilier notre désir de symbiose avec notre besoin, tout aussi intense, de séparation et de conscience individuelle du moi. Avec Je t'aime, je t'aime, nous assistons à ce ballet où Caillou est tour à tour envahi par son désir de complicité avec sa mère et en même temps par son besoin d'indépendance.
Texte : Christine L’Heureux
Illustrations : Pierre Brignaud
